Cet atelier peut se décliner en trois axes majeurs :
La recherche aura notamment pour tâche d’identifier, quantifier et cartographier les failles marines, de modéliser et approfondir la compréhension des phénomènes de rupture, de glissement de terrain et de volcanisme sous-marins à l’origine de tsunamis. Il s’agit de définir les zones présentant un risque majeur vis à vis des séismes et des effets d’un tsunami et d’élaborer des scénarios et des cartes prévisionnelles de hauteur de vagues attendues ainsi que des cartes de submersion pour les régions ou sites les plus menacés. La réalisation de systèmes de surveillance opérationnels pérennes sera envisagée sous l’égide de l’UNESCO : par exemple, réseau de capteurs à terre et en mer profonde, centre de traitement des informations.
Un groupe de pilotage chargé de réfléchir aux questions scientifiques, de planification et opérationnelles et de proposer des voies d’action sera mis en place. Il réunira les représentants des différents Ministères concernés ainsi que les principales institutions scientifiques compétentes. La dimension logistique « lourde » de niveau européen y sera abordée à travers l’initiative européenne « global monitoring for environment and security » (GMES) ainsi que le projet mondial « global earth observation system of systems (GEOSS).
Dans le prolongement de la position présentée par la France lors de la conférence de Kobé et de la Commission Océanographique Intergouvernementale, il a été décidé :
Renforcer l’éducation et sensibiliser les populations exposées Dans le domaine de la formation et de l’éducation ainsi que de la sensibilisation, les actions déjà engagées seront poursuivies et amplifiées dans les zones géographiques les plus exposées : il s’agit notamment de renforcer la sensibilisation des élèves et la formation des enseignants mais aussi de faciliter l’appropriation par la population de la conscience du risque.
Les programmes scolaires abordent déjà la question des risques naturels majeurs à l’école, au collège et au lycée. Des actions spécifiques de formation seront inscrites par les recteurs des académies concernées dans les plans de formation continue. Des outils pédagogiques consacrés à cette thématique sont en cours d’élaboration au Centre National de Documentation Pédagogique (CNDP) et dans son réseau régional. La sensibilisation de la population et l’appropriation par celle ci de l’information demandent une identification des différentes catégories de populations exposées (habitants, touristes, groupements professionnels …), l’adaptation des messages et le repérage des outils de transmission les plus adéquats. Les outils techniques de communication seront valorisés afin de pouvoir joindre le plus grand nombre le plus rapidement possible. La communication elle-même devra être déclinée selon les différentes cibles, les espaces et le contexte multirisque.
La chaîne de la vigilance et de l’alerte fait appel à de nombreux acteurs. La réponse opérationnelle doit s’appuyer sur une palette élargie d’outils. En particulier, le réseau international de surveillance de l’OTICE (traité d’interdiction complète des essais nucléaires) pourrait contribuer à la prévention du risque sismique selon un programme récemment chiffré. Le centre sismologique euroméditerranéen (CSEM) auquel la France apporte sa contribution constitue par ailleurs un point d’ancrage important sur la Méditerranée. Dans cette perspective, la France soutiendra l’adaptation éventuelle des systèmes internationaux existants à la prévision multirisque ainsi que l’ouverture du réseau OTICE à des utilisations civiles.
Le bassin méditerranéen et l’ensemble caraïbe-atlantique sont particulièrement soumis au risque sismique rendant ainsi vulnérables de nombreux pays riverains. Un renforcement et une coordination des actions individuelles déjà entreprises doivent apporter une meilleure réponse aux attentes exprimées. Au delà des coopérations bilatérales, la France proposera, avec les pays européens intéressés (Italie notamment pour la Méditerranée, RU, Pays-Bas pour les Antilles) et en relation avec les pays riverains de ces bassins, des initiatives au plan européen en matière de détection des phénomènes et de transmission de l’alerte.