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Dossier : Séismes vus du cielQuestions/Réponses : Producteur de la valeur ajoutée aux images

Lundi 19 mai 2014

3 questions à Carlos Uribe et Claire Huber, ingénieurs d’étude spécialisés en traitement d’images satellites au SERTIT (SErvice Régional de Traitement d’Image et de Télédétection)

Quel est le rôle du SERTIT ?

Né il y a 26 ans à l’Université de Strasbourg, le SERTIT a pour vocation d’extraire et de mettre en forme de l’information à partir de données produites par les systèmes d’observation de la Terre. Le SERTIT est un producteur de la valeur ajoutée aux images. Concrètement, nous produisons à partir d’images satellites notamment, des cartes qui sont des outils d’aide à la décision. Et ce, que ce soit pour la gestion des ressources naturelles telles que l’eau ou le bois par exemple, ou en cas de crise lors de catastrophes naturelles ou industrielles, à travers le service de cartographie rapide.

Comment fonctionne ce service de cartographie rapide ?

C’est une organisation certifiée ISO 9001 qui permet de mobiliser l’équipe d’experts dans les plus brefs délais, 7 jours sur 7, toute l’année. Le SERTIT peut ainsi intervenir dans l’urgence et délivrer des premières cartes au plus tard 6 heures après réception des images. Depuis 12 ans que ce service existe, il y a eu 120 interventions et environ 1200 produits cartographiques réalisés. Ce service peut être mobilisé pour des événements partout dans le monde. En particulier, à chaque fois que la France envoie des renforts. C’est le cas par exemple, après le passage du cyclone Haiyan aux Philippines fin 2013, lors du tsunami   de 2011 au Japon ou en 2010, lors du séisme   d’Haïti.

Concrètement, comment s’est déroulé cette intervention à Haïti ?

Juste après que la charte internationale « espace et catastrophes majeures » a été déclenchée, nous avons réalisé un premier type de produit permettant d’estimer le pourcentage de dégâts par quartier à Port-au-Prince. Nous avons été très attentifs aux besoins de la sécurité civile. Nous avons par exemple réalisé une carte des points d’eau, qui peuvent être des piscines par exemple, afin que la
sécurité civile puisse repérer les sources potentielles et les utiliser avec les systèmes de purification qu’elle transportait. Nous avons spontanément décidé de faire une carte des zones de rassemblement des personnes afin que la sécurité civile sache où aller. Nous avons aussi regardé les effets domino, comme les glissements de terrain ou les fuites d’hydrocarbures. En moyenne 10 personnes ont travaillé 10 jours d’affilée, 10 heures par jour et nous avons produit une quinzaine de cartes.

Carlos Uribe et Claire Huber (SERTIT)
Carlos Uribe et Claire Huber (SERTIT)
Source : SERTIT