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Lettre du Plan SéismeLettre du Plan Séisme - Février 2010

Lundi 1er février 2010

SÉISME   EN HAÏTI (12/01/2010, Mw=7.0)

Le 12 janvier 2010 à 16h53 heure locale (21h53 TU), un violent séisme   de magnitude   7,0 selon le Service Géologique National Américain (USGS) est survenu non loin de Port-au-Prince, la capitale de Haïti. En raison de sa faible profondeur, de sa magnitude  , 7.0 (Mw), et de son épicentre situé à seulement une vingtaine de kilomètres au Sud-ouest de Port-au-Prince, les mouvements sismiques ont été extrêmement forts au niveau de la capitale, dévastant une grande partie de la ville et de la région épicentrale fortement urbanisée où vivaient près de six millions de personnes.

Des quartiers entiers se sont effondrés suite au séisme  , à l’image de Leogane, ville située à l’ouest de Port-au-Prince et détruite à près de 90%. Si l’habitat à eu particulièrement à souffrir des secousses en raison de sa forte vulnérabilité   aux séismes, les bâtiments officiels et stratégiques n’ont pas été épargnés par les secousses. Ainsi, le palais présidentiel, de nombreux ministères ainsi que des bâtiments de la mission des Nations-Unies en Haïti ont été détruits, rendant la gestion de la crise encore plus critique.
Un bilan encore provisoire fait état de plus de 150.000 morts, 50.000 disparus et près de 200.000 blessés.

Vue des dégâts causés par le séisme du 12 janvier 2010
Vue des dégâts causés par le séisme du 12 janvier 2010
(photo : Reuters)

A l’étranger, le séisme   a été ressenti jusqu’à Cuba, ainsi qu’en Jamaïque et au sud des Bahamas. Dans la partie orientale de l’île caraïbe d’Hispaniola, qu’Haïti partage avec la République Dominicaine, le séisme   a également déclenché la panique à Saint-Domingue.
Depuis le 12 janvier, de nombreuses répliques   continuent à être enregistrées, certaines étant très largement ressenties par la population, comme celle du 20 janvier dernier qui a atteint une magnitude   de 5.9 et a détruit une dizaine de bâtiments déjà fragilisés par le séisme   du 12 janvier.

La région d’Haïti a déjà connu des séismes majeurs, capables d’engendrer des dégâts significatifs : destruction de Port au Prince en 1751 et 1770, destruction de Cap Haïtien en 1842 (intensité IX-X MSK) accompagné de raz de marée, séismes de 1887 et 1904 dans le nord du pays avec dégâts majeurs à Port de Paix et Cap Haïtien, séisme   de 1946 (magnitude   7.6) dans le nord-est de la République Dominicaine accompagné d’un tsunami   dans la région de Nagua.
Comme en 1751, le séisme   du 12 janvier 2010 semble pouvoir être attribué à la faille   d’Enriquillo qui marque la frontière entre les plaques Nord-Américaine et Caraïbes. Récemment, des études scientifiques avaient permis de quantifier le taux de déformation autour de la faille   et d’avertir sur la possibilité d’un séisme   de magnitude   7.2 compte tenu du temps écoulé depuis la dernière séquence de 1751-1770.

SIMILARITÉS AVEC LES ANTILLES FRANÇAISES ?

Comme Haïti, les îles de la Martinique et de la Guadeloupe sont également situées sur la bordure de la plaque Caraïbe, mais dans un contexte géodynamique notablement différent.

Les îles des Antilles françaises font partie des Petites Antilles. Ce chapelet d’îles résulte de la subduction   de la plaque Nord-Amérique sous la plaque Caraïbe, alors qu’au niveau des Grandes Antilles, donc d’Haïti, les plaques Nord-Amérique et Caraïbe coulissent horizontalement (on parle alors de décrochement).

Concernant l’origine des séismes susceptibles d’affecter directement la Martinique et la Guadeloupe, la plupart sont dus à la subduction   entre les plaques Amérique et Caraïbe, tel le séisme   du 8 février 1843 (magnitude   estimée supérieure à 8) ou du 11 janvier 1839 (magnitude   estimée proche de 7.5). Néanmoins, la distance qui sépare les Antilles françaises de cette interface entre les deux plaques est relativement importante, puisque celle-ci se situe entre une cinquantaine et près de 150 kilomètres de profondeur. Ainsi, le séisme   intraplaque de subduction   du 29 novembre 2007, qui avait atteint une magnitude   Mw de 7.4 et dont l’épicentre était situé non loin de la Martinique, s’est traduit en Martinique par des intensités relativement faibles en regard de la magnitude   du fait de la grande profondeur du séisme   (150 km de profondeur).

Outre ces séismes de subduction  , les Antilles françaises sont également exposées à des séismes intraplaques liés à des failles peu connues dont la profondeur est comprise entre quelques kilomètres et quelques dizaines de kilomètres. C’est le cas du séisme   du 21 novembre 2004, localisé à proximité des Saintes (de magnitude   6.3 et de profondeur focale 14 km).

Il convient de rappeler que des séismes majeurs causeront, mais on ne sait pas quand précisément, des dommages considérables au niveau des Antilles françaises, ce qui justifie leur classification en zone d’aléa « fort », correspondant au plus fort niveau d’aléa sismique   rencontré sur le territoire national français.

AUTRES POINTS AU SOMMAIRE DE LA LETTRE DU PLAN SÉISME  

  • TSUNAMI   AUX ILES SALOMON
  • RETOUR SUR LES JOURNÉES RÉPLIK ET SUR LA SEMAINE SISMIK

DOCUMENTS RÉCEMMENT AJOUTÉS SUR LE SITE INTERNET

Le texte intégral de la Lettre du Plan Séisme   peut être téléchargé ci-dessous en format pdf.

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