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Exercice de crise sismiqueLe point de vue d’un participant

Vendredi 26 avril 2013

Entretien avec à J.C. CASTAGNOS, Directeur du SIDPC? des Hautes-Pyrénées

Quelles sont les spécificités du risque sismique   par rapport aux autres crises que le SDIS? des Hautes-Pyrénées gère habituellement ?

Le SIDPC des Hautes-Pyrénées, en collaboration avec les nombreux intervenants en matière de sécurité civile, gère régulièrement des crises de différentes natures (tempêtes, avalanches, crues torrentielles, inondations… pour ne citer que celles liées aux risques naturels). Bien évidemment, il n’a pas encore été nécessaire de gérer une véritable crise née de la survenance d’un séisme  . Pourtant, le risque existe. Les secousses ressenties dans les Pyrénées en décembre 2012 - janvier 2013 nous l’ont une fois de plus rappelé.

Un séisme   de grande ampleur est susceptible de causer d’énormes dégâts dans des zones urbanisées, comme par exemple le secteur de Lourdes où le bâti est généralement ancien et construit à une époque où le risque sismique   n’était pas pris en compte. Les problématiques habituellement rencontrées lors de la gestion des crises précitées s’additionneraient et seraient affectées d’un coefficient multiplicateur. Chacun peut imaginer, par exemple, les difficultés d’une opération de secours sur plusieurs dizaines d’immeubles effondrés ou bien celles résultant de la nécessité de devoir héberger en urgence plusieurs milliers de personnes pour partie dans les départements voisins.

Une planification existe pour chacune de ces problématiques. Quelle seraient les conditions de la mise en œuvre ? Le seul juge pourrait être - cela n’arrivera jamais, espérons-le - la réalité du terrain. Pour l’instant, seuls les exercices nous permettent de nous tester.

Votre département ayant déjà fait l’objet d’un précédent exercice RICHTER en 2009, qu’est-ce que le SDIS attendait de ce nouvel exercice ?

L’exercice, s’est déroulé en deux phases. La première, au mois de mai, a permis à des équipes de différentes nationalités de travailler ensemble sur le terrain, par la simulation d’actions de sauvetage-déblaiement. Un COD, déporté dans les locaux du centre de secours de Saint-Lary permettait d’assurer le suivi du bilan, la coordination des opérations et la prise en charge tant des victimes que des sans-abris.

La seconde phase, qui a eu lieu en novembre a donné l’occasion au SIDPC de travailler avec les 22 communes volontaires et de tester la coordination entre la mise en œuvre de leurs plans communaux de sauvegarde et l’action des services de l’Etat. De plus, à cette occasion, nous avons « joué » le volet de retour à la normale. Les enseignements tirés pourront permettre la rédaction des procédures départementales et nationales.

Enfin, indépendamment de cela, il faut signaler que les équipes ont changé depuis 2009 ; la majorité des membres du SIDPC qui avaient joué l’exercice de 2009 ont maintenant quitté le service. Ce simple fait, combiné aux conséquences d’un séisme   de grande ampleur, justifie l’organisation d’un nouvel exercice.

Au final, quels principaux enseignements tirez-vous de l’exercice RICHTER mené en deux phases en 2012 ?

Les difficultés pressenties avant la tenue de l’exercice se sont confirmées malgré l’organisation mise en place. La principale résulte de la communication insuffisante. Elle l’a été à l’intérieur des services intervenant traditionnellement en temps de crise et entre ces services et les communes.

Alors que des évènements tels que les crues torrentielles ayant affecté la région lourdaise le mois précédent avaient été gérés de manière relativement sereine, il est apparu que les modalités classiques de communication de l’information ne suffisent pas lorsque l’on est confronté à un évènement de l’ampleur d’un séisme  

Le COD, qui avait été organisé conformément aux enseignements tirés de l’exercice de 2009 (un noyau capable de produire des décisions stratégiques, des cellules thématiques d’appui recueillant l’information et mettant en œuvre les décisions), n’a pas permis à l’information de circuler de manière optimale. Ce point devra être travaillé de nouveau à l’occasion de prochains exercices. Concernant l’échange d’information avec les élus (points de situation, passation de consignes…), une cellule armée de nombreux agents doit être mise sur pied dès l’installation du COD, à l’image d’une CIP. L’accueil d’agents de liaison des communes principales doit également être organisé. Enfin, s’agissant d’un exercice « total » dans la mesure où il a mobilisé les services de l’Etat, ceux du département des Hautes-Pyrénées, des communes, les opérateurs réseaux, les associations de secourisme… chaque séquence travaillée et les enseignements tirés seront utiles dans la gestion de crises plus traditionnelles.

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