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Espace témoignagesInterview d’Etienne Bertrand

Jeudi 27 juin 2013

Etienne Bertrand

Contexte

Etienne BERTRAND est sismologue, chargé de recherche au Centre d’Etudes Techniques de l’Equipement région Méditerranée (CETE?- Méditerranée). Il fait partie de l’équipe de recherche associée au Laboratoire Central des Ponts et Chaussées (LCPC?) « Risque sismique   ».

Questions - Réponses

1/ Pouvez-vous en quelques mots nous présenter le métier de sismologue ainsi que les actions que vous menez au quotidien en matière de prévention du risque sismique   ?

La sismologie   se préoccupe de la compréhension de tous les phénomènes sismiques de la source au mouvement vibratoire en surface généré par un séisme  . A l’aide d’enregistrements sismologiques, il est non seulement possible de remonter à la source du séisme   mais également, telle une radiographie, d’étudier la structure de l’intérieur de la terre. Dans le cadre de la prévention du risque sismique  , le sismologue s’attache d’une part à définir les mouvements sismiques auxquels peuvent être soumis les enjeux pour notamment pouvoir construire en fonction de ces mouvements. J’intègre notamment ce type d’analyse dans le volet sismique des études préalables aux plans de prévention des risques naturels. D’autre part, je participe à l’élaboration de scénario de risque sismique   sur des territoires variés (ville, itinéraire ou structure particulière).

2/ Comment qualifieriez-vous le niveau du risque sismique   en France. Qu’en est-il de sa connaissance ?

Nous vivons, en métropole au moins, dans le contexte d’un aléa modéré. Cependant, lorsque survient un séisme   majeur, la région affectée est souvent étendue, ce qui rend le risque important. Le risque sismique   n’est donc pas négligeable en France.

La problématique dans un pays à sismicité   modérée et diffuse est de bien caractériser l’aléa en l’absence de retour d’expérience vraiment significative. Il faut pouvoir bien définir les zones où peuvent se produire les séismes, donner les caractéristiques de ces derniers (magnitude  , profondeur, type, géométrie de la faille  , taux de récurrence) et bien connaître le milieu de propagation des ondes générées par la rupture sur le plan de faille  . Si notre connaissance a bien progressé sur la compréhension des forces tectoniques en jeu sur le territoire, la localisation des failles actives est encore sujette à discussion. De même, la sismologie   étant une science relativement jeune, nous manquons encore d’enregistrements sismologiques de séismes forts pour mieux caler nos modèles de propagation et prévoir les mouvements en surface.

3/ Que signifie, et à quoi sert, la nouvelle carte d’aléa sismique   nationale publiée en 2005 ?

La nouvelle carte d’aléa sismique   est déduite d’une étude probabiliste qui prend en compte l’ensemble des séismes passés avec la connaissance qu’on en a actuellement. Elle renseigne, commune par commune, sur le niveau de vibration, en terme d’accélération maximale du mouvement du sol, à considérer pour les constructions nouvelles, hors effet de site local particulier. Elle caractérise ce que l’on nomme l’aléa régional.

4/ Qu’entend-on par « aléa local », « effets de site   » et « effets induits   » ?

La vibration du sol lors d’un séisme   dépend en partie des conditions géologiques et topographiques du site. Selon la nature du sous-sol, le mouvement peut être amplifié ou non. Ainsi, le mouvement enregistré sur des dépôts sédimentaires est souvent plus important que sur un site rocheux. D’autre part, les reliefs peuvent également provoquer une amplification du mouvement sismique en surface. C’est ce qu’on appelle les effets de site  , ou aléa local.

Sous l’effet des fortes vibrations, certains phénomènes secondaires peuvent se déclencher tels que des glissement de terrain, des chutes de bloc ou de la liquéfaction   des sols meubles. Ce sont des effets induits  . La liquéfaction   des sols concerne principalement les sols sableux saturés en eau. Lorsque ces sols sont secoués par des vibrations importantes ils peuvent perdre leur capacité portante et se comporter comme des sables mouvants dans lesquels s’enfoncent les structures reposant dessus.

5/ Dans le cadre du Plan Séisme  , quelles sont les actions visant à améliorer la connaissance du phénomène sismique ? En quoi serait-il possible et utile d’aller plus loin ?

De part sa participation aux financements des projets de recherche via l’ANR? (l’Agence nationale de la Recherche) le plan séisme   contribue directement à l’amélioration de la connaissance du phénomène sismique. La communauté scientifique est consciente que les résultats de ses études et notamment les scénarios sismiques, doivent être mis à la disposition de la société au plus tôt afin d’améliorer la gestion du risque sismique  . Pour que cette appropriation des résultats de recherche soit possible, il est absolument nécessaire d’arriver à quantifier les incertitudes existantes sur tous les maillons de la chaîne du risque depuis l’aléa régional jusqu’aux études de vulnérabilité   du bâti.

Instrumentation sismologique de l'ERA Risque Sismique du CETE Méditerranée sur le terrain
Instrumentation sismologique de l’ERA Risque Sismique du CETE Méditerranée sur le terrain

Liens et documents associés

Liens Internet

Quelques documents de référence

  • Le risque sismique   en France, Collection Les enjeux des Géosciences, Editions BRGM?, ref : EDV-ENJ006, ISBN 9782715924413, 2008.
  • Qu’est ce qui fait trembler la Terre ? A l’origine des catastrophes sismiques, Pascal Bernard, EDP Sciences. ISBN 2-86883-629-1
Carte d'accélération maximale du mouvement du sol dans la vallée de la Tinée (Alpes-Maritimes) pour un séisme de scénario type
Carte d’accélération maximale du mouvement du sol dans la vallée de la Tinée (Alpes-Maritimes) pour un séisme de scénario type