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CasCas_Z4_E_IV

Lundi 25 septembre 2017

Comment prendre en compte le risque sismique   dans votre projet ?

Récapitulatif
Zone de sismicité   Zone de sismicité   4 (sismicité   moyenne)
Catégorie d’importance du bâtiment Catégorie d’importance IV
Construction d’un bâtiment neuf / Travaux sur un bâtiment existant Travaux sur un bâtiment existant
Exigences parasismiques réglementaires Dans tous les cas : vérifier que les travaux n’aggravent pas la vulnérabilité   sismique du bâtiment.

Si les travaux entraînent une modification importante de la structure du bâtiment [1], appliquer les règles parasismiques : règles Eurocode 8

Si des éléments non structuraux sont ajoutés ou remplacés dans le cadre de travaux « lourds » touchant la structure du bâtiment, tels que définis dans les conditions particulières du 3° de l’article 3 du 22 octobre 2010 modifié, appliquer les règles parasismiques : règles Eurocode 8

Recommandations Aménager les équipements intérieurs du bâtiment

Si des travaux sont envisagés, évaluer la vulnérabilité   de son bâtiment et le renforcer si nécessaire et si possible

Informations détaillées

A. Situation de votre projet

La commune dans laquelle se trouve votre projet est en zone de sismicité   4 (moyenne) selon l’article D. 563-8-1 du Code de l’Environnement.
Votre projet consiste en des travaux sur un bâtiment existant. Votre bâtiment, après travaux ou changement de destination, est de catégorie d’importance IV.
Selon l’arrêté du 22 octobre 2010 modifié (relatif à la classification et aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments de la classe dite à « risque normal »), des dispositions parasismiques sont exigées dans cette commune, pour les projets de travaux sur un bâtiment existant, pour la catégorie d’importance du bâtiment que vous avez renseignée.

B. Dispositions parasismiques à appliquer

L’arrêté du 22 octobre 2010 définit des dispositions parasismiques à appliquer :

  • à tous les types de travaux sur un bâtiment existant (conditions générales),
  • aux travaux entraînant une modification importante de la structure du bâtiment ou relatifs à l’ajout ou au remplacement d’éléments non structuraux, qui correspondent aux conditions particulières (précisées ici pour la zone de sismicité   et la catégorie d’importance de bâtiment de votre projet).

1. Conditions générales :

En cas de travaux sur un bâtiment existant, la catégorie d’importance à considérer est celle du bâtiment après travaux ou changement de destination.

  • Cas de travaux visant uniquement à renforcer le niveau parasismique d’un bâtiment
    Les travaux visant uniquement à renforcer le niveau parasismique d’un bâtiment ne sont pas imposés par la réglementation ; toutefois, les maîtres d’ouvrage sont incités à en réaliser si nécessaire, dans une démarche volontaire. En cas de renforcement volontaire, le maître d’ouvrage choisit le niveau de confortement qu’il souhaite atteindre, au sens de la norme NF-EN 1998-3 décembre 2005 (état-limite de quasi-effondrement, dommage significatif ou limitation des dommages), en fonction de ses objectifs et de ses moyens.
  • Cas d’extensions de bâtiments désolidarisés par un joint de fractionnement
    Les extensions de bâtiments désolidarisées par un joint de fractionnement doivent respecter les règles applicables aux bâtiments neufs.

2. Travaux entrant dans les conditions particulières :

2.1 Travaux sur la structure du bâtiment

Règles parasismiques à appliquer : les règles Eurocode 8}
Si vos travaux conduisent à une des modifications suivantes :

  • augmentation de la surface de plancher [2] de plus de 20%,
  • suppression de plus de 30% de plancher à un niveau,
  • suppression de plus de 20% du contreventement vertical,
  • mise en place d’équipements lourds en toiture,

alors, en plus des conditions générales, les règles parasismiques de la norme NF EN 1998-1 septembre 2005, dites « règles Eurocode 8 » doivent être appliquées.

Pour l’application de ces normes, les paramètres du spectre de réponse élastique  , représentant le mouvement sismique en un point donné de la surface du sol, à partir duquel les règles de construction doivent être appliquées (compléments d’explications sur les paramètres du mouvement sismique) sont notamment les suivants :

Accélération maximale de référence au niveau d’un sol de type rocheux agr agr = 0,96 m/s²
Coefficient d’importance du bâtiment \gamma _I \gamma_{I}=1,4
Accélération horizontale de calcul pour un sol de type rocheux (classe A) ag = \gamma_{I} x agr
Paramètre de sol S (intervenant dans le calcul du spectre de réponse élastique   horizontal pour un sol de classe A, B, C, D ou E) A déterminer par une étude de sol
Rapport de l’accélération verticale de calcul avg et de l’accélération horizontale de calcul ag {a_{vg} \over a_{g}} = 0,9

Attention, le mouvement sismique à prendre en compte pour l’application des règles de construction dépend non seulement de la zone de sismicité   et de la catégorie d’importance du bâtiment, mais également de la nature du sol sous le bâtiment. En effet, le mouvement du sol peut être amplifié localement (par rapport à un sol de type rocheux), en raison de la constitution géologique du sous-sol : il s’agit d’effets de site   lithologiques (compléments d’explications sur les effets de site). Lors d’un projet de construction, ces effets de site   lithologiques doivent donc être pris en compte. Pour cela, une étude de sol, faite sur le terrain et à l’emplacement exact du projet de construction, permettra au professionnel de connaitre la classe de sol sous le bâtiment. Une fois la classe de sol attribuée grâce à l’étude de sol, les éventuels effets de site   lithologiques seront à prendre en compte à travers les paramètres précisés dans la norme NF EN 1998-1 et NF EN1998-5 septembre 2005 (notamment le paramètre de sol S et les périodes caractéristiques TB, TC et TD propres à la classe de sol). Le paramètre de sol S sert de facteur multiplicatif modulant le spectre de réponse : pour un spectre de réponse élastique   horizontal pour un sol de classe A, B, C, D ou E, l’accélération d’ancrage (Se(0) au sens du § 3.2.2.2 de la norme NF EN 1998-1) est égale à l’accélération d’ancrage du spectre au rocher multiplié par S : Se(0) = ag x S = \gamma_{I} x agr x S.

2.2 Ajout ou remplacement d’éléments non structuraux

Les éléments non structuraux du bâti (cloisons, cheminées, faux-plafonds, etc.) peuvent se révéler dangereux pour la sécurité des personnes, même sous un séisme   d’intensité modérée. Si les dits éléments non structuraux sont ajoutés ou remplacés dans le cadre de travaux « lourds » touchant la structure du bâtiment, tels que définis dans les conditions particulières du 3° de l’article 3 du 22 octobre 2010 modifié, appliquer les règles parasismiques : règles Eurocode 8.

Il est également possible d’utiliser la méthodologie simplifiée de justification parasismique du guide "Dimensionnement parasismique des éléments non structuraux du cadre bâti - Justifications parasismiques pour le bâtiment « à risque normal »” version 2014.

C. Recommandations

Evaluation de la vulnérabilité   du bâtiment et renforcement

Si des travaux sont envisagés, il est fortement recommandé aux maîtres d’ouvrage de faire évaluer la vulnérabilité   de leur bâtiment au séisme  , ainsi que de le renforcer si nécessaire et si possible. Cette recommandation s’applique tout particulièrement en zones de sismicité   moyenne (4) et forte (5) et dans le cas de bâtiments stratégiques ou présentant un risque pour un nombre élevé de personnes. L’évaluation de la vulnérabilité   d’une construction doit être réalisée en faisant appel à un professionnel de la construction parasismique [3].

Aménagement des équipements intérieurs

Outre le bâtiment en lui-même, les meubles lourds et les équipements intérieurs peuvent présenter un risque en cas de séisme  . Ils peuvent blesser les occupants, gêner l’évacuation du bâtiment ou entraîner des suraccidents dans le cas d’équipements particuliers (contenant des produits toxiques ou inflammables par exemple). Il est recommandé de fixer et de protéger ces éléments. La réglementation n’intervient pas sur les aménagements intérieurs ; chacun est responsable des aménagements des équipements intérieurs de son habitation [4].

[1Travaux définis dans les conditions particulières de l’article 3 de l’arrêté du 22/10/2010 (cf. « Informations détaillées »)

[2Depuis le 1er mars 2012, la surface de plancher, au sens de l’article R. 112-2 du code de l’urbanisme, se substitue à la SHON? (surface de plancher hors œuvre nette) et à la SHOB (surface de plancher hors œuvre brute). Toutes les informations sur cette réforme sont disponibles sur le site du ministère en charge du développement durable (http://www.developpement-durable.gouv.fr/).

[3Les services de l’Etat et des collectivités et les architectes des Conseils d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE?) sont là pour conseiller et orienter les particuliers vers les experts compétents dans leur région.

[4Des guides de l’AFPS? permettent d’accompagner cette démarche (guide de méthodologie générale, guides d’application pour les établissements scolaires et les établissements de santé, disponibles sur www.planseisme.fr).