Actualités, Lettre du Plan Séisme

Dossier : Quand l'Homme fait trembler la Terre3 questions à Mickaël Delatre

Lundi 1er août 2016

M Delatre

Ingénieur de recherche au BRGM?

« S’il s’agit d’un séisme   induit, il est curieusement tardif »

Que nous apprend l’histoire du site français d’exploitation gazière de Lacq dans le Béarn ?

Le site de Lacq où avait été localisée très profondément une poche de gaz a été exploitée des années 1950 à 2013. Dans les années 1970, des séismes ont été relevés par des sismomètres situés au loin.

À partir de 1974, le site a été équipé de deux réseaux qui ont permis d’observer de nombreux autres épisodes sismiques durant un quart de siècle. Trois événements de magnitude   4 et plus sont survenus entre 1976 et 1979 et un autre encore de magnitude   4 s’est produit il y a trois mois, le 25 avril 2016. Localisés à environ 3,5 km de profondeur, ces séismes ont été ressentis mais ils n’ont pas occasionné de dégâts.

Quelle est la cause de cette sismicité   ?

En se vidant, le réservoir de gaz a un peu adopté le comportement d’une éponge vidée de son eau et qui se rétracte.

Des mesures satellitaires et locales ont alors montré que le sol s’était tassé par un phénomène appelé « subsidence », même si cela n’a pas été visible en surface. Cette variation de pression a joué sur les fractures et a provoqué de la sismicité  .

Comment explique-t-on ces séismes plusieurs années après la fermeture du site ?

Effectivement, si le séisme   d’avril dernier est lié à l’histoire de l’exploitation du gaz de l’époque, il s’est produit trois ans après l’arrêt des activités, ce qui s’avère tardif pour un séisme   induit.

Cette manifestation est nouvelle et particulière. Il faudrait pouvoir rééquiper la zone pour récupérer des données sur les trois dernières années afin de tester des hypothèses.
Le site de Lacq a la particularité d’être sous l’influence de la poussée de la chaîne pyrénéenne encore bien active ; celle-ci pourrait jouer un rôle dans ce récent tremblement de terre  .