Lettre du Plan Séisme - 4e trimestre 2016, Actualités

ActualitésActualités

Dans l’actualité de l’infolettre du 4e trimestre 2016 :

Actualités Exercice de crise sismique dans les Alpes-Maritimes
Les 5 et 6 octobre dernier, un nouvel exercice de crise RICHTER a été mené dans le département des Alpes-Maritimes. Simulant la gestion d’un séisme   de grande ampleur survenu en mer à quelques kilomètres au large de Nice, cet exercice a permis de tester les capacités de gestion de crise des autorités et des services, avec une implication forte de la préfecture et des communes, mais également des services de secours et de santé, de l’éducation nationale, etc.

En plus de l’exercice « sur table » des cellules de crise, le rectorat a également profité de l’exercice pour activer, en vue de les tester, les PPMS? (Plans Particuliers de Mise en Sûreté) de nombreux établissements scolaires du département, mobilisant près de 12 000 élèves dans des exercices de mise en sécurité et d’évacuation. Dans le même esprit de mise en pratique sur le terrain, la ville de Nice a quant à elle mobilisé un gymnase pour l’occasion, où a été accueillie une centaine d’enfants, pris en charge par des bénévoles de la réserve communale de sécurité civile.

Après une première journée d’exercice consacrée à la gestion de l’urgence dominée par le secours aux personnes, les participants ont eu le deuxième jour à travailler à la problématique du progressif retour à la normale, en relevant un grand nombre de défis d’ampleur : comment diagnostiquer rapidement la solidité de dizaines de milliers de bâtiments endommagés ? Comment héberger et soutenir des milliers de sans-abris, pour des semaines, des mois, voire des années ? Comment assurer l’évacuation, puis le traitement, d’énormes quantités de gravats ? Etc.
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Visio-conférence entre les Journées EDUSISMO et la salle d'animation de l'exercice RICHTER
Visio-conférence entre les Journées EDUSISMO et la salle d’animation de l’exercice RICHTER
Source : BRGM?

Journées Nationales Edusismo et 20 ans du réseau SISMOS à l’École
Au même moment et à quelques kilomètres seulement de distance des lieux de l’exercice RICHTER, se déroulaient à Valbonne les Journées Nationales Edusismo qui rassemblent et fédèrent les professeurs du réseau « SISMOS à l’École », programme national piloté par « Sciences à l’École » et mené en partenariat avec le laboratoire Géoazur. Du 5 au 7 octobre 2016, 45 professeurs ont ainsi pu assister à des conférences pour consolider et approfondir leurs connaissances en sismologie  , participer à des ateliers de travail et échanger autour de leurs pratiques pédagogiques à travers la réalisation de posters présentant un exemple d’activité réalisée dans leur classe.
sismo 2016 Cette manifestation a également été l’occasion de célébrer les 20 ans du réseau « SISMOS à l’École » et de l’entrée de la sismologie   dans les classes, depuis la première mise en place d’un sismomètre   dans un lycée à Sophia Antipolis. Lancée en juin 2006, dans la continuité du projet « Sismo des écoles » de l’académie de Nice, « SISMOS à l’École » repose sur un réseau sismologique à but éducatif constitué de sismomètres implantés dans près de 80 établissements, collèges et lycées de France (métropole et outre-mer), établissements français à l’étranger et établissements étrangers. Ce réseau permet une observation sismologique continue, accessible à tous sur le site www.edusismo.org.
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Séismes ressentis à Mayotte
Deux séismes ont récemment été largement ressentis à Mayotte, d’abord le 21 septembre 2016, puis le 27 octobre.
Alors que le séisme   du 21 septembre, de magnitude   5.1, avait été enregistré par les réseaux internationaux qui localisent tous les séismes de magnitude   supérieure à 4.5 dans cette région du monde, celui du 27 octobre n’a en revanche pas été détecté par ces réseaux. Ceci tend à suggérer que ce séisme   avait une magnitude   relativement faible, et par conséquent, qu’il a dû survenir très proche de Mayotte pour pouvoir y être ressenti par la population.
Seules quelques stations sismiques ont pu enregistrer l’événement, dont les trois stations accélérométriques opérées à Mayotte par le BRGM? et affiliées au Réseau Accélérométrique Permanent (RAP?) : leurs enregistrements confirment la piste d’un séisme   très local, contrairement au séisme   du 21 septembre qui a été localisé à 200 km environ des côtes de Mayotte.
Evaluation de la localisation de l'épicentre du séisme du 27 octobre 2016 par triangulation à partir des distances estimées par les 3 stations RAP du BRGM ayant enregistré l'évènement
Evaluation de la localisation de l’épicentre du séisme du 27 octobre 2016 par triangulation à partir des distances estimées par les 3 stations RAP du BRGM ayant enregistré l’évènement
Source : BRGM?



Bien que les séismes du 21 septembre et du 27 octobre s’inscrivent dans la sismicité   modérée du canal du Mozambique, celle-ci demeure à ce jour relativement mal connue. Le seul séisme   documenté ayant provoqué des dommages à Mayotte est celui survenu le 1er décembre 1993. Une étude probabiliste d’aléa sismique   permettrait de mieux connaître la sismicité   de la région et d’estimer les périodes de retour associées à de tels événements pouvant impacter le bâti. A ce jour, le département de Mayotte est entièrement situé en zone de sismicité   modérée selon la réglementation parasismique en vigueur.

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Séquence sismique en Italie
Entre le 24 août et le 30 octobre 2016, ce ne sont pas moins de 3 séismes de magnitude   supérieure à 6 qui ont frappé le centre de l’Italie le long de la chaine de montagne des Apennins.

Tout a donc commencé le 24 août peu après 3h30 du matin, avec la survenue d’un premier séisme   de magnitude   6.2 dans la région d’Amatrice. Bien que rurale, cette région relativement peu peuplée accueillait en cette fin de période estivale beaucoup de touristes. L’effondrement de nombreux bâtiments – principalement des constructions anciennes en maçonnerie sans conception parasismique, mais également quelques bâtiments plus récents ou ayant été renforcés – a causé la mort de près de 300 personnes, dont 234 pour la seule commune d’Amatrice.

Deux mois après le séisme   d’Amatrice, et alors que la région était encore quotidiennement secouée par des répliques  , une série de séismes a ensuite frappé la région de Visso - une ville située une quarantaine de kilomètres plus au nord le long de la chaine des Apenins – dans la soirée du 26 octobre 2016. Un premier tremblement de terre   de magnitude   5.5 fit d’abord sortir toute la population dans les rues, avant qu’un second séisme   de magnitude   6.1 ne survienne deux heures plus tard en occasionnant des dommages mais sans faire de victimes.

Enfin, au petit matin du 30 octobre 2016, un très violent séisme   - le plus puissant enregistré en Italie depuis plus de trente ans – de magnitude   6.5 survint au niveau de la ville de Norcia, située entre Amatrice et Visso. Fort heureusement, et de manière incroyable compte tenu de la violence des secousses et des nombreux effondrements de bâtiments, aucune victime décédée ne fut à déplorer suite à ce séisme  , qui ne fit au final que quelques dizaines de blessés. Ce bilan humain quasi-miraculeux tient au fait que de nombreux villages de la région avaient été évacués de leurs populations consécutivement aux séismes survenus depuis le mois d’août, et que les personnes résidant encore sur la zone dormaient pour la plupart à l’extérieur des bâtiments par peur des répliques  .

Distribution des principales séquences sismiques en Italie de 1997 au 02/11/2016
Distribution des principales séquences sismiques en Italie de 1997 au 02/11/2016
Source : figure modifiée depuis CSEM



Plutôt que des répliques   du séisme   d’Amatrice, les séismes de Visso et de Norcia constituent plus vraisemblablement des séismes distincts se déclenchant les uns les autres. En effet, alors que les répliques   se répartissent généralement le long du segment de faille   ayant rompu lors du séisme   principal afin que celle-ci puisse trouver un nouvel état d’équilibre, il semble que dans le cas présent la survenue d’un séisme   ait déstabilisé un segment de faille   voisin et ainsi précipité la survenue d’un nouveau séisme   d’ampleur : et ceci plusieurs fois de suite. La population comme les autorités redoutent donc encore que la Terre ne tremble encore dans les mois à venir.

Parmi les nombreux aspects impressionnants liés à cette séquence sismique, notons en particulier que les mouvements d’ouverture en faille   dite « normale » ont été très marqués au point d’être bien visibles dans le paysage, avec des déplacements verticaux de près de 2 m visibles sur plusieurs kilomètres le long de la faille  .

Déplacement vertical cumulé observé le long du plan de faille après les trois séismes
Déplacement vertical cumulé observé le long du plan de faille après les trois séismes
Source : photo L. Benedetti / CEREGE?



Une mission conjointe de l’AFPS? et du BCSF? s’est rendue sur place entre le 15 et le 21 octobre 2016, dans le but de tirer des retours d’expérience liés aux différents aspects du séisme   d’Amatrice du 24 août (aléa sismique   et géotechnique, comportement des structures, gestion de crise et diagnostic d’urgence, etc.). La restitution de cette mission aura lieu à Paris le 15 février 2017 après-midi dans les locaux du MEEM.

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Séisme   en Nouvelle-Zélande
Dans la nuit du 13 au 14 novembre 2016, un très violent séisme   de magnitude   7.8 est survenu dans l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande, suivi de quelques heures par trois autres séismes de magnitudes supérieures à 6. Le siège de ces séismes se situe à une centaine de kilomètres seulement au nord-est de la ville de Christchurch, qui avait été frappée en 2011 par un séisme   très destructeur. Le séisme   principal a par ailleurs donné lieu à un petit tsunami  , qui n’a occasionné que des dommages légers.

En raison de la faible densité de population résidant dans la région épicentrale, seules deux victimes décédées sont à déplorer. En plus de l’effondrement de bâtiments, c’est surtout les infrastructures du pays qui ont été lourdement impactées par cette série de séismes, avec l’endommagement de routes, de lignes de chemin de fer, de lignes électriques, etc.

Barrage naturel formé sur la rivière Conway par un mouvement de terrain consécutif au séisme du 14 novembre 2016
Barrage naturel formé sur la rivière Conway par un mouvement de terrain consécutif au séisme du 14 novembre 2016
Source : D. Alexander/SNPA via AP



Du fait de l’ampleur des secousses, de la nature géologique des sols et du relief marqué de la région, ce séisme   a en particulier déclenché un nombre impressionnant de mouvements de terrain, certains d’ampleur considérable de plusieurs centaines de milliers de mètres-cube. Ainsi, le service géologique néozélandais « Geonet » estime le nombre de ces mouvements de terrain entre 80 000 et 100 000, répartis sur une zone d’environ 7 000 km2. Ces mouvements de terrains sont responsables d’un grand nombre des désordres aux infrastructures, mais ont également formé de nombreux embâcles venant bloquer l’écoulement de rivières : ces barrages naturels particulièrement instables présentent – en cas de rupture - un danger important pour les personnes et les biens situés en aval.

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Le chiffre : 8
C’est en milliards d’euros, l’estimation du coût potentiel d’un séisme   majeur en France, réalisée par le BRGM et la CCR (Caisse Centrale de Réassurance), pour le seul bâti à vocation résidentielle.
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