Lettre du Plan Séisme - 2e trimestre 2016, Actualités

ActualitésActualités

Dans l’actualité de l’infolettre du 2e trimestre 2016 :

Actualités Violents séismes au Japon…
Une série de violents séismes a frappé la région de Kumamoto, sur l’île de Kyushu dans le sud-ouest du Japon, entre le 14 et le 15 avril 2016, alors que de nombreuses répliques   y sont encore ressenties quotidiennement. Ainsi, après que deux séismes de magnitude   6.0 et 6.2 sont survenus à 3 heures d’intervalle le 14 avril, un séisme   encore plus violent de magnitude   7.0 a été enregistré le 15 avril à quelques kilomètres des deux précédents (considérés comme des séismes « précurseurs »).

Cette succession de violentes secousses a provoqué de très nombreuses destructions dans la région de Kumamoto, ainsi qu’une gigantesque coulée de boue et de pierres qui a détruit de nombreuses maisons et coupé une autoroute. A la cinquantaine de morts imputable aux effets directs du séisme   (effondrement de bâtiments, mouvements de terrain, etc.), le bilan humain dressé par les autorités japonaises fait également état de la mort d’une dizaine de personnes du fait de différents symptômes imputables à la dégradation des conditions de vie consécutive aux séismes : stress lié aux répliques   incessantes (une réplique ressentie toutes les 10 minutes environ), troubles circulatoires apparus chez les personnes ayant trouvé refuge dans leur véhicule et qui y demeurent de manière prolongée en position assise, épuisement, etc.

Cela met l’accent sur l’enjeu   que représente, pendant la gestion de crise, la prise en charge d’un très grand nombre de sinistrés dans des conditions dégradées. Ainsi, avec des milliers de maisons détruites, les autorités japonaises ont dû évacuer et prendre en charge près de 100.000 personnes, logées pour quelques centaines d’entre elles dans une prison.
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En haut : localisation de la séquence sismique survenue entre le 14 et le 20 avril 2016 sur l'île de Kyushu au Japon, et glissement de terrain géant survenu suite au séisme du 15 avril. En bas : localisation du séisme du 17 avril 2016 en Equateur et de ses principales répliques, et effondrement d'un immeuble du fait des secousses sismiques.
En haut : localisation de la séquence sismique survenue entre le 14 et le 20 avril 2016 sur l’île de Kyushu au Japon, et glissement de terrain géant survenu suite au séisme du 15 avril. En bas : localisation du séisme du 17 avril 2016 en Equateur et de ses principales répliques, et effondrement d’un immeuble du fait des secousses sismiques.
Sources : USGS?, REUTERS/Kyodo ; USGS, AFP

… et en Equateur
Quelques heures après le Japon, le 17 avril 2016, c’est l’Equateur qui a à son tour été frappé par un très violent séisme   de magnitude   7.8. Survenu au niveau de la côte pacifique à proximité immédiate de zones habitées – dont certaines très touristiques – ce séisme   a causé des dégâts considérables dans une région au bâti particulièrement vulnérable aux secousses sismiques. Alors que de nombreuses répliques   surviennent encore quotidiennement, certaines très violentes telles celle du 20 avril 2016 qui a atteint une magnitude   de 6.2, le bilan du séisme   fait état de 661 morts.

L’épicentre de ce séisme   est localisé dans une zone identifiée par les scientifiques comme étant une « lacune sismique », où les contraintes tectoniques se sont accumulées pendant près d’un siècle sans que des séismes significatifs n’aient permis de les relâcher depuis le grand séisme   de 1906 (de magnitude   8.8)… jusqu’au 17 avril 2016. Ce mécanisme de « déficit de glissement » est depuis quelques années bien documenté par les sismologues, et notamment par les équipes françaises, très impliquées en Equateur.
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Sismicité   récente en France
Série de séismes en Métropole
En l’espace d’une semaine, trois séismes modérés sont survenus en Métropole, successivement dans les Pyrénées-Atlantiques le 25 avril, en Charente-Maritime le 28 avril, puis en Indre-et-Loire le 2 mai. De magnitudes locales respectives de 4.2, 5.2 et 4.2 selon le CEA?-LDG? (4.0, 4.9 et 3.8 selon le RéNaSS?), ces trois séismes ont été largement ressentis par la population, sans pour autant faire de dégât.

Localisé au niveau du bassin de Lacq, le séisme   du 25 avril est qualifié par les sismologues de « séisme   induit », c’est-à-dire qu’il ne résulte pas d’une activité tectonique, mais de mouvements souterrains liés à des opérations de pompage ou d’injection. La sismicité   induite par l’exploitation du site gazier de Lacq est bien connue depuis les années 1970, et de nombreux séismes y ont déjà été enregistrés. Moins puissant que le séisme   du 5 février 1981 qui avait atteint une magnitude   de 4.4, le séisme   du 25 avril 2016 se classe cependant parmi les plus importants séismes induits enregistrés depuis la mise en exploitation du site dans les années 1950.

Séismes Métropole

D’origine tectonique, les séismes du 28 avril puis du 2 mai sont pour leur part survenus le long de grandes failles héritées d’une ancienne chaîne de montagnes de l’époque hercynienne. Avec un épicentre localisé entre La Rochelle et l’île d’Oléron, le premier de ces deux événements s’inscrit dans une région bien connue pour sa sismicité  , et a été très largement ressenti dans le Grand Ouest, avec des secousses perceptibles dans un rayon de près de 200 km : depuis Rennes au nord à Bordeaux au sud, en passant par Poitiers et Chinon à l’est. Quatre jours plus tard, le 2 mai, c’est précisément vers Chinon qu’a été localisé un nouveau séisme   de magnitude   4.2. Bien que survenu dans une région moins sujette aux secousses sismiques, ce séisme   n’est pas un cas isolé, et se rapproche très fortement – tant par sa magnitude   que par l’intensité de ses secousses - de celui qui avait été enregistré en 2006 près de Saumur. Malgré la concomitance des séismes du 28 avril et du 2 mai 2016 et leur relative proximité, ces deux séismes ne sont pour autant pas liés.

Séisme   caribéen du 19 mars 2016
Le 19 mars 2016, un séisme   assez puissant, de magnitude   6.0, est survenu au large des îles de l’archipel des petites Antilles. Situé sur la zone de subduction  , à près de 150 kilomètres des côtes les plus proches d’Antigua et de la Barbade, et à près de 200 kilomètres de celles du Nord de la Guadeloupe, ce séisme   n’a fort heureusement fait aucun dégât ni de victimes. Survenu à 7h26 heure locale, il a cependant été ressenti dans un rayon de près de 500 kilomètres, de Sainte-Lucie au Sud à Porto-Rico au Nord.

En France, les témoignages recueillis par le BCSF? montrent que les secousses ont également été bien ressenties : légèrement avec une intensité III en Martinique, ainsi qu’à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, et un peu plus fortement en Guadeloupe avec une intensité atteignant localement IV..
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Ouvrage « Quand la terre tremble sur l’arc méditerranéen - collectionneur de mémoires »
L’histoire et la mémoire des séismes jouent un rôle essentiel dans le développement de la conscience du risque sismique   au sein des populations. Sur ce point, il apparaît que dans l’inconscient collectif, la mémoire des images est bien souvent supérieure à la mémoire des mots.
En écho à ces constats, un ouvrage vient d’être publié sous l’égide de l’Association Française de Génie Parasismique « Quand la terre tremble sur l’arc méditerranéen – collectionneur de mémoires », par Guy Jacquet, Ghislaine Verrhiest-Leblanc et Thierry Winter. Ses auteurs ont en effet pris le parti de laisser les illustrations parler d’elles-mêmes, et se faire les témoins d’une sélection de séismes majeurs passés survenus sur l’Arc Méditerranéen afin de contribuer à la mémoire collective du risque sismique  .

couverture séismes anciens arc med

Pour consulter l’ouvrage « Quand la terre tremble sur l’arc méditerranéen – collectionneur de mémoires », rendez-vous sur le site internet de l’AFPS.
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Petit aperçu de la recherche menée en France sur les séismes
La communauté scientifique française est très active en matière de recherche et de développement consacrée à la problématique des séismes et du risque sismique  . Ainsi, chaque année, de nombreux projets sont conduits par des équipes françaises pour améliorer la compréhension des séismes, le comportement des ouvrages face aux vibrations sismiques, ou développer de nouveaux outils de modélisation, d’analyse ou encore d’alerte.

Donnant lieu à de nombreuses publications scientifiques, ces travaux demeurent en revanche, à de rares exceptions près, peu visibles par le grand public. Or, mettre les connaissances à disposition du plus grand nombre est essentiel et concourt à l’entretien d’une culture du risque.







A cette fin, le site internet du plan séisme   propose désormais aux équipes de recherche appliquée travaillant sur les séismes et leurs conséquences de présenter leurs travaux. Sous forme de fiches signalétiques, ces présentations sont conçues pour s’adresser à un large public.

Vous pouvez d’ores-et-déjà venir découvrir les fiches signalétiques d’une quinzaine de projets en cliquant ici. Les porteurs de projets sont pour leur part invités à proposer de nouvelles fiches projets via un formulaire en ligne dédié.

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Sismologie   sur Mars : nouvelles dates de lancement pour la mission Insight
Alors que la structure interne de la planète rouge est encore mal connue, une mission spatiale de la NASA – nommée InSight – vise précisément à lever ce voile. Comme ce fut le cas pour « l’exploration » de l’intérieur de la Terre, c’est une fois encore la sismologie   qui devrait jouer un rôle central par l’enregistrement de l’activité sismique de la planète.

Il s’agit de la seconde tentative de sismologie   martienne, après que les sondes Viking 1 puis 2 eurent chacune déployé un sismomètre   sur la planète en 1976 : le premier n’a cependant jamais pu s’allumer, alors que le second a été tellement balloté par les vents martiens qu’il n’a pas pu mesurer les secousses sismiques.

Préparation de l'instrument SEIS pour des essais sous vide
Préparation de l’instrument SEIS pour des essais sous vide
Source : CNES/MALIGNE Frédéric



Au centre de toutes les attentions de la mission, le sismomètre   « SEIS » (Seismic Experiment for Interior Structure) a été développé en France par une équipe technique et scientifique du CNES, de l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP?), du campus Spatial de l’Université Paris Diderot, de l’Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace (ISAE) et de la société SODERN. Alors que, sur Terre, les sismomètres sont habituellement installés dans des lieux aux conditions thermiques et atmosphériques très stables, ce sismomètre   « très large bande » de haute-technologie devra lui résister sur Mars à des vents très forts, ainsi qu’à de fortes variations de températures (de -120°C la nuit à plus de 40°C le jour). Après avoir été délicatement déposé au sol par un bras robotisé, il devra donc être abrité sous un lourd bouclier éolien et thermique.

A Terre, c’est le programme éducatif « Sismo à l’Ecole » qui assurera le volet pédagogique de la mission InSight, et mettra à disposition des écoles, collèges et lycées les données de la mission martienne. Mais il faudra encore un peu de patience aux chercheurs et aux élèves pour découvrir les premiers sismogrammes martiens, puisque le lancement de la mission initialement prévu en mars 2016 a été repoussé en 2018. En cause, un problème d’étanchéité sur la sphère abritant le sismomètre   SEIS sous vide. Or, le maintien sous vide de SEIS est indispensable pour éviter les signaux parasites générés par des petites variations de température, et ainsi être capable de mesurer des séismes martiens de très faible magnitude  

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Le chiffre : 2391
Le nombre de séismes régionaux d’origine tectonique enregistrés en 2015 par l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de Guadeloupe (OVSG?), contre 1414 en 2014.
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