Dossier La Terre n'est pas la seule à trembler, 3 questions à Philippe Lognonné

3 questions à Philippe Lognonné3 questions à Philippe Lognonné

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Professeur à l’Université Paris Diderot, géophysicien à l’IPGP? (Institut de Physique du Globe de Paris) et responsable scientifique SEIS (Seismic Experiment for Interior Structures), le sismomètre   embarqué par la mission Insight.

« La mission Insight : un seul sismomètre   sur Mars »

Quels sont les objectifs de la mission Insight ?

La mission Insight de la NASA devrait déposer en 2018 plusieurs instruments scientifiques à la surface de Mars pour étudier sa structure interne. L’objectif est de connaître et expliquer l’évolution de cette planète. Sa chronologie ressemble-t-elle à celle de la Terre ou à celle de la Lune ? Pour cela, trois instruments seront déposés. L’un évaluera la vitesse de refroidissement de la planète, l’autre quantifiera les variations de l’axe de rotation et le troisième, le sismomètre   SEIS, mesurera l’activité sismique de Mars.

Quelles sont les spécificités de ce sismomètre   ?

SEIS est un sismomètre   VBB (très large bande), instrument généralement installé sur Terre à des endroits où la température et la pression sont très stables. Il sera donc recouvert d’un bouclier éolien et thermique qui couvrira le sismomètre   et le sol autour du capteur. SEIS a été conçu pour résister aux vibrations, chocs, radiations et autres contraintes d’une mission planétaire.

Comment comptez-vous étudier la structure interne de Mars à l’aide d’un seul sismomètre   ?

La structure interne est étudiée grâce à l’analyse des vitesses de propagation des ondes sismiques. Sur Terre, ces vitesses sont connues grâce à l’existence d’un réseau de sismomètres et l’on mesure ainsi la position du séisme   et les vitesses de propagation de l’épicentre aux stations. Sur Mars, il faudra nous contenter d’une seule station. Nous mesurerons la vitesse de propagation des ondes de surface grâce à la fréquence de leurs passages successifs par la station. Mars étant deux fois plus petite que la Terre, nous pensons que les ondes de surface feront plusieurs fois le tour de la planète. Comme nous connaissons la circonférence de Mars, nous pourrons en déduire la vitesse de ces ondes. Par ailleurs, nous utiliserons les ondes sismiques provoquées par les impacts de météorite. Grâce aux images des orbiteurs, nous pourrons repérer les cratères frais, car ils ne seront pas encore recouverts de poussière et ainsi connaître l’origine du séisme   et en déduire la vitesse de propagation des ondes.