Dossier : Après un séisme, l'urgence concerne aussi les constructions, 3 questions à Catherine Hemart, présidente du « Chapitre Martinique » de l'AFPS

3 questions à Catherine Hemart, présidente du « Chapitre Martinique » de l'AFPS3 questions à Catherine Hemart, présidente du « Chapitre Martinique » de l’AFPS

C Hemart web
"Cette formation devrait être inscrite dans le cursus obligatoire des acteurs libéraux de la construction !”

Pour quelles raisons avez-vous choisi de devenir inspecteur volontaire bénévole dans le cadre du diagnostic d’urgence de l’association française du génie parasismique (AFPS?) ?

J’adhère à l’AFPS depuis une dizaine d’années et je suis installée aux Antilles depuis 1998. Je suis donc particulièrement sensibilisée aux conditions sismiques dans lesquelles nous vivons. Lors du séisme   des Saintes en 2004, j’ai pris conscience des dégâts importants qui pouvaient intervenir sur les bâtiments des Antilles. Et lors du séisme   de 2007 en Martinique, j’ai pu constater l’inorganisation pour mener les enquêtes, le manque de document mis en commun et donc la nécessité d’uniformiser un dispositif de diagnostic.

Comment avez-vous eu connaissance de la mise en place de ce diagnostic d’urgence ?

Au sein de l’AFPS, et notamment dans les chapitres Guadeloupe et Martinique, un recensement des volontaires est mis en place depuis 5 ans environ. La formation en elle-même est beaucoup plus récente. Elle a été décalée pour affiner la méthode et pour qu’elle soit reconnue par l’ensemble de l’AFPS et par les autorités nationales.

Vous avez suivi l’une des premières sessions de formation à cette méthodologie en juin dernier. Qu’en avez-vous pensé ?

La formation permet d’aborder de nombreux aspects comme les différentes caractéristiques des bâtiments, les matériaux, le sol, l’environnement mais aussi le contexte de l’intervention de l’AFPS, la méthode utilisée, etc. En revanche, je regrette que l’on n’ait pas suffisamment d’informations sur la façon de travailler des entités nationales qui doivent solliciter l’AFPS en cas de crise.

La formation est adaptée à toutes les régions de France car les inspecteurs formés peuvent être sollicités sur tout le territoire. Mais à mon sens, elle ne donne pas suffisamment de place aux spécificités antillaises, non seulement sur le plan constructif, mais aussi sociologique. Tout en demandant des informations supplémentaires j’ai bien conscience que la formation dure déjà quatre jours, ce qui est beaucoup pour les salariés et les indépendants…

Pour autant, j’essaie le plus souvent possible de la recommander à mes confrères, notamment auprès de l’ordre des Architectes, lors de la journée portes ouvertes. Selon moi, il faudrait que cette formation soit reconnue et puisse être inscrite dans le cursus obligatoire des professions libérales !